14. Princesse de rien

J'viens d'là où l'arc-en-ciel n'a pas six couleurs mais dix-huit.


Tu me manques. I miss you. Yo te echo de menos. Tu me manques... Inversion typiquement française ? Rejeter la faute sur l'être absent. Nier l'évidence, sa propre implication dans le sentiment de dépendance. L'amour propre si exaspérant des français n'est peut-être pas qu'une légende. Tu as besoin de lui ? Assume. &je suis la première visée.


Nobody said it was easy. No one ever said it would be so hard.

VON.S'il y a quelque chose que je sais faire, c'est me planquer. Je me planque derrière des mots, derrière des phrases qui vous semblent prétentieuses et déprimantes. Qui vous font du bien parfois parait-il. Je me planque dans des vêtements flottants et colorés, pour camoufler ma silhouette imparfaite et mon humeur changeante. Je me cache derrière un coffre et un clavier, je fonds mes sentiments dans la mélodie, je les intègre dans les oeuvres que je joue.
VON.Pour le reste, je fuis. Je fuis face à la douleur de celle que je dois aimer le plus au monde. Cette douleur sempiternelle, contre laquelle je ne peux rien. Ces plaintes récurrentes qui n'attirent que mon irritation et mon antipathie. Je fuis devant le super héros, devant la rancoeur qui commence à montrer le bout de son nez, devant la haine qui bouillone une fois de plus malgré moi, devant l'espoir qui s'est évanoui. Je fuis devant les difficultés.
VON.Et chaque fois, je me réfugie dans l'angoisse dont je me plains toujours mais que je connais si bien, qu'elle soit ponctuelle ou métaphysique.
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# Posté le vendredi 23 mai 2008 16:58

Modifié le lundi 23 juin 2008 07:57

13. If you ever make a mess, I'll do anything for you.

13. If you ever make a mess, I'll do anything for you. ♪
Je suis une vraie groupie now

AN.Je découvris ce soir-là une chose terrible : on peut rater sa vie à cause d'un seul mot.
AN.Il faut préciser que ce mot n'était pas n'importe lequel, c'était le mot "non ", parole de mort, effondrement de l'univers. Mot indispensable, certes, mais que depuis l'ascenseur new-yorkais je n'ai jamais prononcé sans entendre à mon oreille le sifflement d'une balle. Dans l'Ouest américain, une entaille dans la crosse d'une arme à feu signifiait un mort : le palmarès d'un fusil se lisait au nombre des encoches. Si les mots ont de telles mémoire, nul doute que le mot "non" est celui qui a le plus de cadavres à son actif.
Vous excitez pas, je trouve ce passage sublime c'est tout.
Amélie Nothomb - Biographie de la faim.



Je reprends mon souffle.

Utopie d'occase...
J'ai aimé partir.
Flotter sur la route, laisser la musique s'approprier mon audition, un paysage un souvenir, un sourire à l'occasion. Le nombre de kilomètres importe peu. J'étais tout près et à plusieurs lieues.
J'ai aimé monter sous les toits, observer le paysage familier et me dire qu'il a pu en fouler chaque mètre carré. Rester flottante plusieurs heures. Et être réveillée, suffocante, par la chaleur.
Flotter même en travaillant, se moquer de tout à peine arrivée, lâcher les brides de la dérision et du sarcasme. Les entendre râler et s'en féliciter. "Je sers à ça".
J'ai aimé partir. Revenir, un peu moins.

# Posté le dimanche 27 avril 2008 16:37

Modifié le lundi 23 juin 2008 08:14

12. So let me see you smile again.

Affamée.
Noyer son chagrin dans l'alcool c'est mal, trop commun.
L'enfouir dans le sucre c'est pathétique, trop enfantin.
Donc on fait quoi ? On écrit.

___Quelle nuit ! C'est comme la débauche intégrée en soi, le bad-trip sans avoir rien bu ni fumé d'autre que de l'eau & de la mélancolie. Se découvrir, se redécouvrir. Pas une banale anxieuse-introvertie, c'est bien plus que ça. Névrose d'angoisse. Le terme est trop classe, ça fait maladie mentale, schyzophrénie &compagnie. Non, je sais, ça ne fait peur qu'à moi, c'est de la pisse de chat. Rien que des mots mis sur un mal qui me ronge par intermittence depuis deux ans maintenant. Mais je continue à jouer à la grande, ou à la petite chimiste de la métaphysique. Je me soignerai seule. Vos cachets j'en ai assez gobé pour le restant de ma vie de névrosée. J'en ai même pas besoin.

___La petite timide bouffée par l'angoisse s'est prise pour Baudelaire. C'était le Spleen IV personnifié. Le ciel bas et lourd, la pluie, les araignées, les corbillards silencieux. De ta vie tu n'as vu pareille prise de conscience. Crescendo d'oppression, implosion traduite par les "traînées brillantes". Des allures de Charles Juliet : les lambeaux, c'est moi, c'est ma personnalité. Sur mon visage vous n'en verrez jamais qu'une partie : la gentille petite fille timide, coincée, rougissant pour n'importe quelle stupidité. Arrêtez-vous ici, vous n'aurez rien de plus. La délurée sarcastique vous ne la connaîtrez qu'en creusant ; peut-être croiserez vous l'attentionnée rassurante, avec un peu de chance ; la physionomiste &sa mémoire affolante des détails, elle est bien planquée derrière toutes les autres, on la devine seulement ; mais la bête blessée ne se dévoile qu'occasionnellement, aux personnes particulières, la nuit planquée derrière un écran.

Elle se trouble en sa présence.
Eau de chaux & CO2
12. So let me see you smile again. ♪

# Posté le lundi 14 avril 2008 16:04

Modifié le lundi 23 juin 2008 07:50

11. If you ever get close to a human &human behaviour, be ready to get confused.

Silhouette sombre&coeur qui pince.


La silhouette particulière. Celle qu'on repère de loin. J'accorde qu'il peut y en avoir plusieurs, mais je parle de La silhouette. Celle qui, vue ne serait-ce que du coin de l'oeil, fait pincer votre pauvre coeur qui n'avait rien demandé. C'est juste chimique, pas de quoi s'extasier. &pourtant cette silhouette se balade l'air de rien, on dirait qu'elle nargue le pauvre coeur qui n'en peut plus de pincer, mais qui pince quand même.

D o u c e__t o r t u r e .

La vérité c'est que je meurs d'envie de te connaître par coeur, sur le bout des doigts. Pouvoir réciter ton caractère le cahier fermé. Je prends note de chaque détail te concernant. Ca me passionne je ne m'en lasse pas. Je me fais envahissante, je m'en excuse. Tous les mots comptent, et les gestes sont doublés. Ce sont les règles d'Hollywood, à ne pas prendre à la légère.
-4 kilos. Le pantalon glisse. Ca fait genre j'suis toute fine. Aha.

En tout cas si t'y crois, je te pince : c'est dans les rêves que les bergères épousent les princes.
11. If you ever get close to a human &human behaviour, be ready to get confused. ♪

# Posté le vendredi 21 mars 2008 16:11

Modifié le lundi 23 juin 2008 09:24

10. When you're so tired that you can't sleep

10. When you're so tired that you can't sleep ♪
Je préfère vous sourire que scander des "salut, ça va?" qui sonnent faux. Je dissimule plutôt mal mes instants de déprime. J'ai la fâcheuse manie d'écouter les chansons en boucle jusqu'à en être dégoûtée. Et je trouve fascinant que Sigur Ros ne m'aie toujours pas écoeurée ; je les admire d'autant plus. J'ai toujours les mains glacées, sauf quand je sors d'un cours de piano : là elles sont bouillantes et chaque fois ça me ravit au plus haut point. J'ai des problèmes de dos et d'angoisse récurrents. Je fais rapidement des plans sur la comète. J'ai un faible pour les super héros ou pour leurs majordomes. Je peux passer des heures à écrire, si je trouve des sujets qui tiennent la route. Je n'peux pas m'empêcher d'analyser les comportements humains, fuyez-moi si ça vous effraie trop. J'aime renifler attentivement chaque bouquin avant de choisir l'édition qui sent meilleure que les autres, griffoner, gribouiller, écrire, écouter de la Musique, danser après avoir trop bu, ressasser les souvenirs, larver sur la plage avec mon MP3 dans les oreilles, me repasser des bouts de films ou des bouts de livres sans arrêt dans la tête. J'aime aussi les belles mains, les yeux qui pétillent de joie et le ronronnement de mon chat. J'éxècre les préjugés infondés, la mauvaise foi et le mépris. Ce qui ne m'empêche pas d'en faire preuve parfois. Je n'aime pas les regrets, les remords non plus d'ailleurs et je ne vois pas ce qu'ils ont de préférables aux premiers. Je doute de tout presque tout le temps, surtout de moi et des gens, et je n'apprécie pas ça du tout. J'aimerais bien qu'on me fasse une déclaration un jour. Chacun ses rêves niais, hein. Je déteste me sentir de trop. J'aimerais énormément vivre dans plusieurs pays avant de me dire "C'est LA que je veux rester". J'attends l'été impatiemment pour crâner avec mon gilet. Je ne me lasse toujours pas de FullMetal Alchemist. Et je veux une fête surprise dans la nuit du 15 au 16 mars =)

Il n'y a que Narcisse qui soit mort du narcissisme.

# Posté le mercredi 05 mars 2008 16:09

Modifié le mardi 24 juin 2008 04:38

9. J'ai oublié qu'c'était sacré

"On se connaitra toujours.
C'est entierement de ma faute."


Non. Je ne peux me résoudre à te laisser partir. Tu vois, j'ai essayé, maintes fois, pour te faire réagir. Ca n'a pas marché et je me retrouve une fois de plus à genoux, le coeur en miettes, les larmes, les "trainées brillantes" qui me tiédissent les joues. Suppliante face à toi, face à vous ; ceux que j'ai perdus. Autant dire une armée. Êtes-vous insensibles, capables d'oublier une amitié en si peu de temps ? Car moi c'est au-dessus de mes forces. Malgré tous mes efforts, vous restez ancrés en moi ; voilà. J'ai tout tenté : faire le premier pas, venir vers vous gémissante ; ignorer tout, pour qu'une quelconque réaction se déclanche. Mais rien de satisfaisant n'est venu de votre part.
Que vous manque-t-il ? Le courage, l'envie ? Suis-je finalement classée parmis les souvenirs, et si oui, parmis lesquels ? Ceux à oublier, à conserver, à y repenser avec plaisir ou dégoût ? Dans mon esprit rien n'a changé, si ce n'est le manque de naturel à vos côtés. Vous avez compté plus que les autres, vous resterez pour longtemps inestimables. Et pourquoi vous laisser languir, vous laisser deviner si vous êtes concernés ou pas ?Une déclaration d'amour, on l'adresse en général à quelqu'un en particulier. La mienne est pour vous.
Emma, François, Emmanuelle, Emmanuelle.


Ces mots sont bien évidemment à chier.
Reste la question jackpot : est-ce réparable ?
9. J'ai oublié qu'c'était sacré ♪

# Posté le samedi 16 février 2008 17:00

Modifié le mardi 24 juin 2008 04:38

8. By the time you read my letter, baby, I'll be gone

L'assassin est dans la salle.
Pleurez tous, c'est un ordre. Moi j'veux un Sébastien =O
« Quel calme. La légendaire tranquillité de la campagne. Rien de tel pour se ressourcer, faire le vide et repartir à zéro. Après l'année épuisante que j'ai passée, je n'attendais que ça. La douce anesthésie du soleil s'estompe et je perçois sur ma joue la chaleur d'un rayon de soleil que les rideaux n'ont pas stoppé. Le souvenir insistant de mon rêve m'engourdit.

Hurlement de douleur.
Réalité ou fiction ? Voix familière... réalité ! MAMAN ! Assise dans le grand lit de bois, tirée des brumes de la somnolence par ce cri, cette déchirure, je tente de rassembler mes facultés. Maman ! En bas, des voix baragouinent d'un ton affolé. Médecin, hôpital. Tout est ponctué de gémissements de souffrance. Maman ! D'un bond, je suis sur la moquette rêche. Une habitude mécanique et déplacée m'entraîne vers la salle de bain ; j'attrape mon peignoir et l'enfile à la hâte puis rebrousse chemin jusqu'à l'escalier au pas de course. Je tends l'oreille, guette le moindre bruit. Un vrombissement de moteur, des crissements de pneu. Non. Partis ? Un silence angoissant s'installe mais je le romps avec mes lourds bruits de pas en dévalant les marches. Je pousse la lourde porte en bois et traverse le carrelage glacé insensiblement. Maman... Malgré mon pouls qui s'affole de façon indécente, j'avance en direction de la cuisine, le sang battant mes tempes à m'en éclater les vaisseaux.

ROUGE. Le seul mot venant à mon esprit déconnecté est « rouge ». Rouge sang, partout. La table, les bancs, le sol, les murs, le buffet, maculés. Des éclats de verre éparpillés dans toute la pièce, empourprés de sang. Et le grand bois d'horloge vidé de son balancier, qui a quitté son mur accueillant pour s'affaler sur la longue table, prend des allures d'assassin. Je suffoque, recule, trébuche ; ma boîte crânienne va exploser, imploser peut-être. A mon tour de hurler. Un cri de bête, rauque d'angoisse et de désespoir. Qu'est ce qu'ils lui ont fait ? Qu'est-ce qu'ils ont fait à ma Maman ?! Ma tête tourne et entraîne mon corps derrière elle. Recroquevillée sur le sol gelé, tremblante, les joues trempées, les mains ensanglantées... Je sombre. »
Se le passer en boucle. Un best-of des plus belles scènes. Et bien sûr, le "Peace and love ? Pauv' conne".
Faire passer sa vie pour un roman.

# Posté le vendredi 08 février 2008 12:25

Modifié le mardi 24 juin 2008 04:38

7. Moi qui aimais tellement ton sourire

J'ai réussi.
Ici, loin de tout et de toi, où enfin tu sors de mon esprit car la chaleur du soleil remplace celle de tes doux bras.

rienC'est juste que... tu me manques tout le temps et d'une manière inexplicable, je veux un Toi qui, je le pressens, n'est plus disponible, encore moins pour moi. J'ai une soif inextinguible de notre passé. Ça me rend malade à chaque seconde qui passe et je dégueule ma douleur sur papier. Je t'en veux, oui, de n'être plus toi, plus jamais là pour moi. Je suis malade, mortellement, parce qu'on m'a arraché un organe vital : ton amour.

rienC'est toi qui me l'a soustrait sans ménagement et dès lors, finis les "Je t'aime, tu me manques", qui étaient tout de même rares. Je ne te demandais même pas l'amour que tu lui portes, juste conserver celui auquel j'avais droit, mais tu me l'as pris, incisé pour lui confier. Qui t'a aimé plus que moi ? Pleurant silencieusement ma haine amoureuse pour préserver le peu d'affection que tu me portais, sous prétexte de ne pas entacher notre "belle amitié".

rienCombien d'années que celle-ci est un fleuve sujet aux crues et au décrues subites, selon nos deux humeurs ? Et un soir, tes caresses, ta chaleur et ta douceur pendant quelques instants à moi. Revoilà le fleuve qui sort de son lit, tempêtes, vagues et inondations en tout genre.

Mais ne t'inquiète pas, il paraît que parfois les histoires d'amour finissent bien.

# Posté le jeudi 17 janvier 2008 15:47

Modifié le mardi 24 juin 2008 04:39

6. Nulle part ailleurs dans l'univers, rien de plus beau que la Terre



Le chef d'Etat a réussi à éluder la dizaine de questions auxquelles il devait répondre, et bien que je n'ai pas vu la suite j'imagine qu'il a continué dans son optique de ridiculisation des journalistes. Faire semblant de ne pas comprendre, détourner la question, s'attaquer à l'opinion personnelle du journaliste.
Pathétique&Puéril.
Exemple au hasard : "Votre cote de popularité a connu une chute durant votre 7e mois de règne, pensez-vous pouvoir rassurer les Français en leur parlant de 'politique de civilisation' plutôt qu'en leur parlant de leur pouvoir d'achat ?". Ce à quoi le Président a répondu, plus ou moins : "Parce que la scolarisation de leurs enfants, ce n'est pas une préoccupation concrète des français ? Sortir paisiblement dans la rue, ce n'est pas une préoccupation concrète des français ? La question de l'hôpital, ce n'est pas une préoccupation concrète des français ? [etc]. Si non, alors pour vous qu'est-ce que le concret ? La politique d'un pays ne se résume pas, et heureusement, au pouvoir d'achat." Plus un plaidoyer lamentable comme "J'ai été le premier à parler du pouvoir d'achat et maintenant on me reproche de parler d'autre chose, c'est ça la logique ?"
1'2'3Bwahaha. Mais non voyons, savoir si on va pouvoir finir le mois sans problème, surtout en période de Noël, ce n'est pas vraiment important pour nous, on préfère entendre des jolis discours philosophiques sur la Politique de Civilisation. Le prix du pétrole qui augmente constamment, c'est pas inquiétant non plus, suffit d'marcher un peu plus, tas d'larves.

Et son sourire béat quand il parle de Carla.


Comme l'a si bien dit Madame Jégard : TU M'FAIS VOMIR !
6. Nulle part ailleurs dans l'univers, rien de plus beau que la Terre ♪

# Posté le mardi 08 janvier 2008 11:56

Modifié le mardi 24 juin 2008 04:39

5. I wonder what my body would sound like, slamming against those rocks.

Je suis un nuancier.


Mes fondations sont blanches et noires, étincelantes et ténébreuses, elles glacent et brûlent. Mon caractère n'est qu'un immense fouillis de tout cela, et mon humeur en est le reflet. Je jette ici les bases de ce qu'on nomme lunatisme. Agaçant au possible mais attachant jusqu'à la dépendance. Fabuleux art de décliner un somptueux panel d'émotions diverses, presques jumelles ou franchement opposées, tout en nuances, sans jamais frôler le ridicule ou la vulgarité. Réunir l'incompatible en un même corps, en une même âme. Le lunatisme est ma spontanéité de timide. Ma façon d'être franche jusqu'à l'indécence. A défaut de vous dire ce que je ressens, le faire surgir sur mon humeur et
vous laisser en pâtir.


Douce revanche.
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5. I wonder what my body would sound like, slamming against those rocks. ♪

# Posté le vendredi 28 décembre 2007 10:40

Modifié le mardi 24 juin 2008 04:39