L'assassin est dans la salle.
Pleurez tous, c'est un ordre. Moi j'veux un Sébastien =O« Quel calme. La légendaire tranquillité de la campagne. Rien de tel pour se ressourcer, faire le vide et repartir à zéro. Après l'année épuisante que j'ai passée, je n'attendais que ça. La douce anesthésie du soleil s'estompe et je perçois sur ma joue la chaleur d'un rayon de soleil que les rideaux n'ont pas stoppé. Le souvenir insistant de mon rêve m'engourdit.
Hurlement de douleur.
Réalité ou fiction ? Voix familière... réalité !
MAMAN ! Assise dans le grand lit de bois, tirée des brumes de la somnolence par ce cri, cette déchirure, je tente de rassembler mes facultés.
Maman ! En bas, des voix baragouinent d'un ton affolé.
Médecin, hôpital. Tout est ponctué de gémissements de souffrance.
Maman ! D'un bond, je suis sur la moquette rêche. Une habitude mécanique et déplacée m'entraîne vers la salle de bain ; j'attrape mon peignoir et l'enfile à la hâte puis rebrousse chemin jusqu'à l'escalier au pas de course. Je tends l'oreille, guette le moindre bruit. Un vrombissement de moteur, des crissements de pneu. Non. Partis ? Un silence angoissant s'installe mais je le romps avec mes lourds bruits de pas en dévalant les marches. Je pousse la lourde porte en bois et traverse le carrelage glacé insensiblement.
Maman... Malgré mon pouls qui s'affole de façon indécente, j'avance en direction de la cuisine, le sang battant mes tempes à m'en éclater les vaisseaux.
ROUGE. Le seul mot venant à mon esprit déconnecté est « rouge ». Rouge sang, partout. La table, les bancs, le sol, les murs, le buffet, maculés. Des éclats de verre éparpillés dans toute la pièce, empourprés de sang. Et le grand bois d'horloge vidé de son balancier, qui a quitté son mur accueillant pour s'affaler sur la longue table, prend des allures d'assassin. Je suffoque, recule, trébuche ; ma boîte crânienne va exploser, imploser peut-être. A mon tour de hurler. Un cri de bête, rauque d'angoisse et de désespoir.
Qu'est ce qu'ils lui ont fait ? Qu'est-ce qu'ils ont fait à ma Maman ?! Ma tête tourne et entraîne mon corps derrière elle. Recroquevillée sur le sol gelé, tremblante, les joues trempées, les mains ensanglantées... Je sombre.
»Se le passer en boucle. Un best-of des plus belles scènes. Et bien sûr, le "Peace and love ? Pauv' conne".Faire passer sa vie pour un roman.