A part tes jérémiades, tu lui as envoyé le fond de ta pensée ? De tes bleus à ton désespoir en passant par ton dégout des hommes et de toi-même ? Un mail assassin pour briser son mépris insolent, son arrogance de pourri gâté, sa supériorité insupportable. Le tuer à coup de mots, voilà ce que tu dois faire. Il ne te mérite pas, tu le sais on te l'assène depuis des mois cette phrase, sûrement trop et tu finis par ne plus l'écouter, ne plus l'entendre.
Tout ce que tu entends c'est le battement de ton coeur qui s'affole quand tu penses à lui. Sa voix quand il te réconfortait. Vos rires qui jaillissaient en cadence. Tu n'entends que lui, tu ne sens que sa chaleur rassurante, tu ne vois que ses traits familiers et tu ne pleures jamais que pour lui. Tu vis dans un souvenir, un de ceux qui doivent être oubliés. Tu passes ton temps à espérer quelque chose de sa part en sachant que jamais il ne répondra à tes attentes, pourtant pas exigeantes.
Il a compris ce que tu veux depuis longtemps mais il fait semblant, tu sais qu'il a compris mais tu fais semblant aussi, et il sait que tu sais qu'il a compris mais il fait encore semblant. Et caetera. Vous savez tout mais baillonnez vos consciences respectives, plus par stupidité qu'autre chose ; pour pas compliquer la situation.
Tu sais pertinemment que tu es vouée à chialer avec lui. Mais tu ne peux pas t'en empêcher. Et chaque fois tu recommences. Chaque fois tu penses pouvoir vous sortir de là tous les deux. Et chaque fois tu chiales. Le charmant cercle vicieux.

